Le Petit Charran illustré – Focus sur les commerçants du Petit Charran

Ils sont connus et reconnus comme les commerces de proximité. Ils sont le cœur battant du quartier du Petit Charran, véritables lieux de vie qui cultivent sans modération et avec une détermination affirmée une relation unique avec leurs clients.

Une boulangerie artisanale

Au Petit Charran, à Valence, il existe une présence silencieuse au service du quartier : la boulangère.
Une femme discrète, attentive et incroyablement dévouée à son travail. A notre entrée, elle nous accueille avec un « Bonjour » qui force admiration. Installée depuis 2011 en remplacement de M. Duquesne, Emilie propose aux habitants du quartier une grande variété de pains et de gâteaux fabriqués sur place.
Deux tables, entourées de chaises bien sûr, permettent à ceux qui le désirent de déguster une boisson chaude pour accompagner une viennoiserie.

Une pharmacienne à l’écoute

Sur le même trottoir, à quelques pas de la boulangerie, nous passons à la Pharmacie des Charrans où nous sommes accueillis par Béatrice qui vient de libérer deux clients.
On se rapproche d’elle. On n’est pas venu pour des médicaments mais pour échanger quelques mots. Avec un grand plaisir, Béatrice nous informe qu’elle s’est installée depuis 2009 dans « ce petit village » comme elle appelle le Petit Charran.
Puisque la ville de Valence n’est pas épargnée par cette pénurie de médecins dont souffre notre pays, elle propose, en plus des médicaments et des conseils dispensés, un espace de « téléconsultation. »
Béatrice, pharmacienne, aide les premiers usagers et aussi ceux qui ont du mal avec les nouveautés.

Téléconsultation mode d’emploi
La téléconsultation est un acte médical réalisé avec un médecin généraliste en visioconférence, depuis un espace dédié au sein d’une pharmacie, dans une cabine qui assure la confidentialité. Lors des premières téléconsultations, vous êtes guidés par le pharmacien afin de comprendre comment fonctionne la démarche. La téléconsultation ne remplace pas le médecin traitant mais peut répondre à des besoins ponctuels.


« Pas mal de familles avec enfants, c’est sympa ! »

Où peut-on trouver au Petit Charran du dentifrice, un bon beefsteak et du miel de pays ?
Une seule adresse : le Super U de la rue du 8 mai, qui se trouve au cœur du groupe de commerces du quartier.
Vous pouvez y entrer en confiance. Christine, à sa caisse, accueille chaque client d’une voix chantante et chaleureuse. Au fond du magasin Philippe tient le rayon fromage/charcuterie et Stéphane le rayon boucherie.
C’est une supérette plutôt traditionnelle, rénovée il y a moins de 10 ans. Il y règne un parfum de fraîcheur ; tout est propre, bien rangé.
L’épicerie, les produits ménagers et les boissons sont commandés par l’intermédiaire de la centrale d’achat de Super U. En revanche, Stéphane, le boucher, choisit et commande lui-même sa viande, ce qui est un gage de qualité bien connu dans le quartier vu l’affluence en particulier du samedi matin. De même, Philippe s’occupe de la charcuterie et du rayon fromage qu’en amateur de bons produits il sait diversifier et varier ; « Moi j’aime tout » dit-il dans un grand éclat de rire.
Vous cherchez un nouveau produit ? « Il n’y a pas de souci, si c’est possible, je le commanderai » dit Christine qui n’hésite à prendre son téléphone pour répondre à la demande de son client. 
La bonne humeur et la bonne entente règnent entre les trois commerçants et se communiquent aux clients. Les habitants du quartier, quand ils se rencontrent dans le magasin font un brin de causette entre les rayons ou en attendant leur tour pour payer. Près de la caisse, Christine a installé une petite étagère où chacun peut déposer ou prendre un livre gratuitement. Les livres sont en bon état et le meuble bien rangé.
Christine est arrivée pour la première fois dans ce magasin pour un job d’été. Quelques années après, elle en a pris la direction, elle n’avait que 23 ans. Philippe est arrivé un peu plus tard, il y a plus de 30 ans. Il est évident qu’ils connaissent bien le quartier et ses habitants. Les habitués viennent avec plaisir, pour certains voisins plusieurs fois par jour, sûrs d’être accueillis par un sourire et un mot aimable.
Tous ceux qui voudront partager une nouvelle, bonne ou mauvaise, trouveront une oreille attentive en toute discrétion. Christine manifeste beaucoup d’attention aux personnes âgées ou fragiles. Tous les trois constatent un renouvellement de la population du quartier et disent : « Pas mal de familles avec enfants ; c’est sympa !»
Depuis plusieurs dizaines d’années maintenant la superette a pris une place essentielle dans le quartier. Sa situation au milieu des autres commerces de la rue facilite son rôle de lien social entre les habitants, en relation avec les autres commerces. La bonne entente entre les différents commerces de la rue est très appréciée. Ils se réjouissent de l’arrivée récente d’un cabinet d’infirmiers dans le groupe de commerçants.

« On aide comme on peut »

Le « Tabac-Presse » du quartier du Petit Charran n’échappe pas à la règle du bien-vivre ensemble. Bien au contraire, il coche même toutes les cases !
Si Michel assure avec professionnalisme la vente des produits et des prestations proposées au Tabac-Presse, ses missions vont bien au-delà. Il s’inscrit naturellement dans ces lignées de commerçants pour qui la dimension humaine et relationnelle sonne comme une évidence.
Et c’est bien avec cette évidence, comme allant de soi, que Michel nous a accueillis. Le Tabac-Presse, un lieu de vie ? Absolument !
Avec passion, Michel raconte. Ce Tabac-Presse est une vieille maison, une institution, présente dans le quartier depuis plusieurs décennies. Fondé en 1982 et situé au 21 de la rue du 8 mai 1945 cet établissement s’aligne dans une parfaite continuité de la dynamique commerciale locale entre le Super U et le salon de coiffure.
Michel nous l’assure, l’offre de services du Tabac-Presse s’est étendue, incluant aujourd’hui des missions de service public. C’est ainsi que les prestations de Relais « La Poste » sont proposées : vente de timbres fiscaux, affranchissement, traitement des courriers recommandés etc … Il est également possible de bénéficier de télépaiement pour régler des factures émises par le Trésor Public : cantines, amendes, impôts.
N’oublions pas pour autant que le cœur de métier reste la vente de produits directement attachés à la fonction d’un Tabac-Presse. Mais finalement, comme l’affirme avec conviction Michel, l’essentiel est de répondre aux besoins des clients. « C’est comme les piles, nous dit-il, on en vend des piles. Et puis, on change même les piles des montres, c’est ma collègue qui a ce savoir-faire et c’est bien utile. »
Mon regard se promène sur la boutique. L’offre est généreuse, à l’image de Michel. Les bijoux fantaisies, les bonbons (Pierrot Gourmand est encore piqué de ses sucettes ! Collector !!) les revues, les cartes à gratter et j’en passe…Tout ce « petit monde » se côtoie dans un ordre précis, choisi, chacun à sa place.
Michel est intarissable. « C’est important d’être au service des clients, de répondre à leurs besoins, à leurs attentes. On aide comme on peut, on a quand même un rôle social. »

Chez Ninou

Au Salon de coiffure Ninou, les clients ne viennent pas seulement se faire shampouiner, peigner, coiffer, mais aussi, selon Sandra, « être écouté, discuter, communiquer pendant les 20mn à 3 heures qu’ils passent dans le Salon. »

Les évènements organisés par les commerçants
Environ 200 personnes participent chaque année à la fête du Beaujolais nouveau. Le marché de Noël et une vente de plantes sont également des rendez-vous très appréciés par les habitants du quartier.
Un camion de pizza propose également de nous régaler toutes les semaines.


On prétend aujourd’hui que la solidarité, le vivre-ensemble partent à vau l’eau, que l’indifférence, l’individualisme nous ont saisis, envahis. Allez donc faire un tour au centre commercial du Petit Charran et vous verrez, l’accueil, le sourire, la bienveillance ne sont pas des vains mots.
La situation géographique du quartier, niché entre trois avenues et bordée par une mini-falaise a permis de développer chez les habitants un sentiment d’appartenance à un « village dans la ville. »
Depuis la construction des premières maisons Castor, le quartier du Petit Charran entretient une tradition particulière de bienveillance et de solidarité.

Luc B., Olalekan S., Bernard A., Martine A., Michèle F.